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Commune de Yoff

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Historique                 Visitez le Site Officiel de la Commune d'arrondissement

Le village de Yoff est caractérisé par une très longue histoire marquée par des péripéties. Cette histoire est surtout liée à celle d’un peuple : les Lébous ; les derniers installés dans la presqu’île du Cap-Vert depuis plus de quatre siècles. Ils ont la particularité d’avoir mis sur pied une organisation politique, sociale, culturelle, économique et religieuse qui repose sur des fondements, des règles et des croyances particulières. C’est cette authenticité qui fait que les Lébous ont su s’ancrer dans leur enracinement malgré les agressions liées à l’expansion de la ville, du modernisme et de l’Islam. Les lébous ont toujours harmonisé leurs rapports avec l’étranger. C’est un peuple très hospitalier mais aussi très ouvert au modernisme.


Situation Géographique

A 14°46' de l'attitude Nord et à 17°29' de longitude Ouest, la Commune de Yoff se situe à la pointe Nord-Ouest de la presqu'île du Cap-Vert dénommée aujourd'hui la région de Dakar.

Cette nouvelle Commune d'Arrondissement est limitée au Nord par l'océan atlantique avec la présence d'une île pleine de mystères qui abrite une rade protégeant la côte contre les fortes vagues, au Sud par le nouveau cimetière catholique et la route du Front de Terre jusqu'au mur de l'aéroport Yoff-Léopold Sédar SENGHOR, à l'Est par la Voie de Dégagement Nord (VDN) et à l'Ouest par le lieu dit le Virage et son prolongement jusqu'au mur de l'aéroport.

Le climat est de type côtier sous l'influence de l'alizé maritime. Les précipitations pendant la saison des pluies appelée hivernage qui dure de juillet à octobre, sont à une moyenne de 1500mm d'eau par an. La proximité de l'océan favorise une forte humidité qui adoucit ainsi les températures qui varient autour d'une moyenne de 20°C entre décembre et juin et de 28°C entre juillet et novembre

Démographique

En 1996, pour les besoins des élections législatives, la population de Yoff a été estimé à 46000 habitants avec un rapport de masculinité de 98.0 ; le nombre d’hommes est sensiblement égal au nombre de femmes. Les 60% ont moins de 25 ans soit 27600 personnes alors que les plus de 60 ans sont évalués à 5% soit 2300 personnes ; on peut dire donc que la population à charge représente en moyenne 65% soit 29900 personnes de la population totale (46.000).

A part ceux qui travaillent dans l’administration et les entreprises de la place (l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne -ASECNA- particulièrement), une bonne part de la population active est résorbée par le secteur de la pêche ; suivent ensuite les activités commerciales (services et techniques) , les activités artisanales (couture, maçonnerie, menuiserie, mécanique...) et enfin l’agriculture et l’élevage qui sont souvent destinés à l’autoconsommation.


Evolution Spaciale

Avant de s’installer définitivement à Yoff, les lébous ont été l’objet de plusieurs déplacements. En effet refusant toute forme de domination, ils ont du se déplacer de la corne de l’Afrique à l’extrémité occidentale du continent. Ils seraient originaires d’Ethiopie.

Après avoir séjourné en Egypte, ils ont émigré vers la Libye, puis vers la Mauritanie et dans la vallée du fleuve Sénégal où leur passage est attesté par l’existence des villages Ndioum et Cascass. Ensuite, ils se sont installés dans le village de Katité qui fut le berceau du Royaume du Djolof, puis à Djander où une première vague va fonder les villages lébou de la petite côte, à Thioroum d’où partirent les fondateurs de Bargny et Rufisque, puis Mbao et Mbokhekh (actuel emplacement de stade Léopold Sédar Senghor) d’où partirent les familles Bègne qui fondèrent les douze " pintch " de Dakar, et ceux de Soumbédiounes qui sont à l’origine des villages de Yoff, Ngor et Ouakam.

Après avoir quitté Mbokhekh les populations lébous de la lignée des Soumbédioune se sont installées à Mbendji Dop, puis à Kaada Guedj. C’est ainsi qu’ils occupaient la partie sur élevée qui surplombait l’Océan et le donnèrent le nom de Yoff qui signifie " Yeew-fi " (attaché ici).

Quelques années après leur installation, ils décidèrent de créer des quartiers. Le conseil des notables donna l’autorisation pour la création de nouveaux quartiers et ceci tous les quatre ans. Ceci est dû à plusieurs raisons :

- Quatre années séparent généralement les naissances. Ainsi chaque quartier crée devait du respect au précédent. Ce qui montre l’importance du droit d’aînesse au sein de la collectivité lébou.

- Cette création des nouveaux quartiers devait permettre une extension du village et un développement qui devait peut-être lui permettre de sortir du joug de l’empire du Cayor qui exerçait sa domination jusqu’au village de Yoff. Comme le Damel du Cayor demandait aux populations yoffoises des taxes annuelles, chaque quartier qui ne payait pas faisait l’objet d’une destruction par incendie.

Pour éviter cela, les populations yoffoises avaient étendu leurs demeures empêchant ainsi à l’armée du Damel de les encercler pour les incendier. Ainsi le premier quartier créé est celui de Kaada Guedj. Son nom vient des arbres (Kaada) qui étaient très nombreux dans ces lieux. Il fut crée en 1565 par Gana Samb et Matawaye Samb.

En 1569, un neveu des sambènes, Moussa Mbengue créa un quartier dont il donna son nom de famille : Mbenguène.

Le quartier de Diourawali actuellement, un sous-quartier de Ndénatte fut crée en 1605 par Latyr Diène.

Vient celui de Ndeungagne créé en 1609 par Malick Samb, plus connu sous le nom de Malickab Deugagne origine du nom du quartier. Gaal Diagne fonde le quartier de Tonghor qui signifie une élevation de terre en 1613.

Le quartier de Ndénatte est créé par Mbor Thiaw et Amar Diène en 1617. Le nom du quartier vient de celui d'une plante situé au bord de la mer aux tiges rampante (ipomé de rosée)

Enfin vient les quartiers de Ngaparou et Dagoudane respectivement crées par Daour Mbengue en 1621 et Saarot Seck en 1702.

Le quartier de Layène est venu bien après ceux ci et il fut crée par le Mahdi Seydina Limamou Laye après son appel en 1884.


La zone d'extension

Par souci de désengorgement du village traditionnel, une zone d'extension de 41 hectares est disponible avec l'expropriation des propriétaires (T.F. de l 'Etat du Sénégal, de la Commune de Dakar et des privés) et occupants (T.F.I.). Cette zone d'extension permettra le recensement des familles dont les concessions sont touchées par l'avancée de la mer, de même que les familles dont les concessions sont touchées par l'élargissement des voies et de résorber le déficit du village en équipements collectifs.

Les Nouvelles Cités de la Commune

Situé dans la banlieue Nord de Dakar la capitale, le village a été rapidement gagné par la ville qui s'étendait de plus en plus. Les sociétés immobilières ont massivement investi dans cette zone plutôt calme comparée aux autres cités dortoirs. Aujourd'hui on y compte une vingtaine de cités nées des coopératives d'habitat de certaines sociétés de la place et regroupées dans les quartiers de : DIAMALAYE, Cité BCEAO, Cité Alia DIENE et Sonatel et Toundoup Rya-Aéroport etc..... Il faut souligner que ces nouvelles cités n'ont vu le jour qu'à la fin des années 80

Les Nouveaux Quartiers (l'Est à l'Ouest)

N0RD FOIRE
CITES BCEAO I ET II
CITE BCEAO III
CITE DIACKSAO
DAKAR MARINE
FEU BIRAME NDOYE

N0RD FOIRE AUTOROUTE
CITE AIR AFRIQUE
SONATEL I(N0RD FOIRE)
CITE SODALO

CITE AliA DIENE
CITE SONATEL III (OUEST FOIRE)
CITE DIAMALAYE I et II
TERME NORD
CITE SONATEL(EST FOIRE)
CITE NORD FOIRE AZUR
CITE MBORE NDIAYE
CITE DIAMALAYE III
CITE LONAS
CITE AIR SENEGAL

 


Administration

Commune d'arrondissement de la capitale. Elle fait partie de l'arrondissement des Almadies une subdivision du département de Dakar. La ville bénéficie d'une autonomie particulière. Il n'y a pas de police gouvernementale et, apparemment, peu de délits, voire le plus faible taux d'insécurité de toutes les communes de Dakar.

La Mairie

Le Maire

Le Conseil Municipal


Economie

Yoff est un village de pêcheurs situé dans la péninsule du Cap-Vert au Sénégal. C'est un village détenteur de traditions culturelles et nautiques vieilles de plus de 600 ans. Jusqu'à nos jours, la pêche et ses activités connexes constituent la principale source de revenu des populations de Yoff.

Les Pêcheurs

Les pêcheurs opérant au niveau de Yoff sont d'un nombre variable selon les saisons. Du fait du système d'émigration des pêcheurs et du nombre de pêcheurs occasionnels pendant les vacances (élèves et étudiants), il s'avère très difficile de disposer des chiffres exacts.Le nombre de pêcheurs varie ainsi entre 2000 et 3500 pêcheurs. Les quartiers de Tonghor et Ndénatte regroupent le plus de pêcheurs suivis de Ndeungagne, Mbenguène et Ngaparou. Ces pêcheurs sont non seulement des autochtones, mais aussi des immigrants d'origine Saint-louisienne (les Guet Ndar) de Kayar, de Thiaroye ou de la petite côte.

La Production

A Yoff, la pêche est essentiellement artisanale avec des moyens techniques relativement modernes. Malgré les moyens techniques limités et la pêche industrielle effectuée au large par les chalutiers modernes, la production annuelle de la pêche de Yoff avoisine toujours les 40 000 tonnes. Elle peut même atteindre 5000 à 6000 tonnes selon les saisons. Mais ces dernières années, on a noté une baisse des productions qui peut même atteindre 3500 tonnes. Les espèces débarquées sont des pélagiques et des démersales dont la parité varie selon les saisons : sardinelle, voiliers, thon, espadon, dentées aux gros yeux, pageots, lotte etc.

Les Types de Pêches

les types de pêche pratiqués à Yoff sont :

La senne tournante

C'est une senne longue de 350 à 400 mètres avec des mailles 1600. Sa pratique doit s'effectuer à l'aide de deux pirogues motorisées (25 à 40 cv) ainsi que divers matériels et instruments de travail (anneaux, ancre, bave, codage, bouillon etc.) avec une équipe de 15 pêcheurs au moins. D'une chute de 40 mètres, la senne tournante est un filet actif dans lequel sont capturés les poisons par encerclement.

La senne de plage

Pratiquée par les quartiers ayant un matériel communautaire, cette technique de pêche nécessite d'importants moyens humains pour le débarquement et les pirogues sont longues de 8 à 15 m disposant de moteurs de puissance comprise entre 25 et 40 cv.

La pêche à la ligne et la ligne glacière

C'est la technique de pêche pratiquée pour une très grande majorité de pêcheurs à Yoff, autochtones comme immigrants. La pêche à la ligne glacière intègre des innovations technologiques comme l'utilisation de caisses isothermiques pour la conservation des poissons à bord des pirogues longues de 3 à 7 m.

La plongée

Elle est pratiquée par une infime minorité de pêcheurs.

Le parc piroguier et la motorisation

Yoff à une flottille variant entre 50 et 500 pirogues selon les saisons. le parc piroguier est essentiellement concentré dans les quartiers de Tonghor et Ndénatte qui regroupent plus de 80 % des pirogues. Ce sont deux quartiers traditionnels de pêcheurs. C'est un parc piroguier presque entièrement motorisé. On dénombre environ 430 moteurs dont presque la moitié est de puissance 15 cv. Les moteurs de forte puissance 25 à 40 cv sont généralement utilisés pour les sennes tournantes et les sennes de plages.


La commercialisation des produits de la pêche

Les détaillants

Ce sont généralement les femmes, épouses ou parentes des pêcheurs, qui assurent le commerce de détail. En 1991, l'enquête monographique de Yoff dénombrait 420 détaillantes sur la plage de Yoff. Faute de moyens de transport adéquats, les marchés desservis sont les plus proches : Yoff, Ouakam, Parcelles Assainies pour celles qui ne vendent que sur la plage. C'est un métier qui a connu une régression du fait des mareyeurs.

Les mareyeurs

Intermédiaires entre pêcheurs et commerçants locaux, ils négocient directement avec les premiers en pleine mer. Ils se rendent en pirogue ou sont représentés par des "plongeurs". Les mareyeurs approvisionnent des usines et font de l'exportation.

La transformation artisanale

C'est une activité essentiellement féminine permettant d'absorber le surplus de la production en transformant les invendus et les poissons pourris. Certains poissons transformés en salé-séché sont destinés à l'exportation.Les principales techniques de transformation sont : les produits fermentés (Guedj - yet), les produits salés et séchés (salé, tambadieng), les produits séchés (pagne, yasse, féré féré, aileron) et les produits fumés (kétiah, metorah).


LES ACTIVITES CONNEXES A LA PECHE

Les charpentiers :

Ce sont les fabricants de pirogues et sont au nombre de 8 tous originaires du village de Yoff. Ils utilisent une quille provenant des autres régions du Sénégal, des planches, des clous, du goudron etc.

Les mécaniciens hors-bord

Ils sont chargés de réparer les moteurs hors-bord. Parmi les 5 mécaniciens recensés dans l'étude 1991, aucun n'a reçu une formation spécifique ou effectué un stage en milieu spécialisé ce qui pose certains problèmes, comme les pannes irréparables etc.

Les fournisseurs de carburant

Il existe 5 stations pour la fourniture de carburant aux pêcheurs de Yoff implantées tout le long de la plage. Elles travaillent entre 5 h et 20 h. D'après des enquêtes effectuées, 10 000 litres arrivent à être écoulés chaque semaine. Le carburant fourni est un mélange d'essence (98 %) et d'huile (20 %).

Besoins Prioritaires

  • l'acquisition d'un ou de plusieurs magasins de dépôts et de vente de pièces détachées pour moteurs ;
  • la mise en place d'un magasin de dépôt et de vente de matériel pour le ramendage des filet (fils, alèses de filets, flotteurs, lests) ;
  • l'installation d'un centre frigorifique équipé d'un fabrique de glace ;
  • Atelier de charpentier avec groupe électrogène, scie et rabot électrique ;
  • l'octroi de crédits ;
  • construction d'un canal ou d'une digue pouvant arrêter l'activité des vagues ;
  • L'aménagement du quai de pêche.

L'AGRICULTURE ET L'ELEVAGE

Longtemps seconde activité des populations yoffoises, ces deux activités subissent les cours de l’urbanisation galopante de Dakar, la capitale du Sénégal. Aujourd’hui la surface cultivable à Yoff est estimé à un peu plus de cent hectares (100 ha). Les espèces cultivées sont d’une part : l’arachide, l’oseille, le haricot et le manioc pendant l’hivernage et d’autre part le maraîchage (salade, oignons, pommes de terre, etc...) pendant la saison sèche.

L’élevage concerne essentiellement le petit bétail (ovins, caprines) et la volaille. Il est surtout destiné à l’auto-consommation. Toutefois on compte des exploitations de plus en plus importantes pour la vente.


LE TOURISME

Il n’y a pratiquement pas d’hôtels ; les seules structures existantes sont de modestes campements ou auberges.

Sinon la forme de tourisme que nous voyons le plus est le tourisme intégré (hébergement dans les familles d'accueil) développé par le Programme Ecocommunautaire de Yoff. Cette forme de tourisme permet une meilleure intégration au niveau de la famille africaine.

Elle se fait surtout avec l’Association des Relations Yoff-France (ARYF) basée à Paris et représentée à Yoff par le Comité d’Accueil qui comme son nom l’indique est chargé de l’organisation de l’accueil, de l’hébergement et du séjour des vacanciers et étudiants en voyage d’études.

ACTIVITÉS ARTISANALES

Dans l’ensemble on note une quinzaine de corps de métiers avec toutefois des représentativités assez diverses. Ainsi la couture est dominante avec 45% de l’ensemble (cf. l'étude de la Direction de l'Aménagement Urbain de 1994). Suivent par ordre décroissant le bâtiment (maçonnerie, plomberie, électricité), la menuiserie bois et métallique, le mécanique générale et spécialisé, tôlerie, mécanique vulgarisateur. L'on peut citer d'autres corps de métiers comme : la peinture et la décoration, la bijouterie, la cordonnerie, la charpenterie, et les forgerons, les frigoristes, les teinturiers, les briquetiers, les casseurs de pierres, les ferrailleurs...


L'INDUSTRIE

Les infrastructures industrielles sont peu importantes. On note quelques petites et moyennes industries à savoir les complexes frigorifiques et centres de transformation des produits de la pêche, l’imprimerie Tandian et des boulangeries et pâtisseries

ACTIVITÉS COMMERCIALES

Elles sont dominées par les boutiques et commerces divers c’est à dire le commerce en détail, en gros et demi-gros. Selon l’étude de la DAU menée en 1994 , cette composante représentait 90% de l’ensemble des activités commerciales avec cent onze (111) unités.

Les services eux représentent 10% de l’ensemble avec douze (12) unités. Ce sont surtout les quincailleries, les mini-marchés, les librairies et papeteries , le point de vente du charbon de bois, les moulins à mil, les pharmacies.

Le marché central de Yoff se trouve au cœur du village ; on y trouve les produits maraîchers (légumes et autres) à travers diverses étales, les produits de la mer mais aussi des parfumeries. C’est le lieu d’approvisionnement principal des ménagères.


CULTURE ET RELIGION

  • Organisation politique

Les lébous ont toujours mis sur pied une organisation politique. Jusqu'au moment où ils quittaient Mbokhekh, ils étaient dirigés par un Lamane. Celui-ci était le chef de la Communauté. Mais comme c'est un peuple qui refuse toujours une oppression, et pour éviter des abus, lorsqu'ils se sont installés à Yoff, ils ont décidé de changer de système politique. C'est ainsi qu'a été mis sur pied une république. Cette République repose sur une interdépendance entre les autorités, il y a eu en quelque sorte des contres pouvoirs.
Donc aucun des organes ne peut exercer une domination sur les autres. Parmi ces organes mis en place par la collectivité, il y a des organes individuels et des organes collectifs.

Dans la société lébou, certaines personnes sont dotées d’une autorité. Il s’agit:

  1. Jaraaf : Il est le chef du gouvernement qui définit la politique extérieure et se porte garant des institutions.
  2. Ndey-Dji-Rew : Il est assimilé à un ministre de l'intérieur et à un degré moindre il joue le rôle de Maire.
  3. Saltigué : C'est le ministre de la défense, de la culte, des terres, de la mer et de l'agriculture

Les Assemblées

  1. Maggi Yoff : C'est le Sénat
  2. Jambours : Organe délibératif, ils nomment les membres de l'exécutif
  3. Freys : ils sont chargés de la police et de la sécurité

L’organisation sociale de Yoff repose sur un certain nombre de concept : la hiérarchie, les kheets . En ce qui concerne le principe hiérarchique, il s’agit d’un droit d’aînesse. Ce droit d’aînesse est très respecté au sein de la population. Ainsi chaque kheet est organisée comme une famille unique au sein de laquelle l’autorité repose sur la personne la plus âgée. Cette dernière est le chef de famille. Toutes les décisions concernant la famille sont prises par elle. Mais il faut noter que celui ci n’abusait pas de ses pouvoirs. En effet des réunions périodiques étaient organisées au sein des kheets pour débattre de tous les problèmes de la famille. Ainsi c’est à l’assemblée de prendre des décisions concernant le kheet et à charger le chef de les défendre.
Un grand respect est accordé au droit d’aînesse. Ainsi dit-on " Rak top mak, Dom top Bay, Djarbatt top Ndinjay " littéralement " le cadet suit l’aîné, le fils suit le père, et le neveu suit l’oncle ".
Ce droit se poursuit à l’extérieur. Ainsi on doit du respect à toute personne ayant un âge supérieur au tien comme on le doit à ses propres parents.

L’organisation sociale repose également sur les kheets qui sont des lignées matrilinéaires permettant une organisation sociale et une représentativité dans les instances dirigeantes de la collectivité.

Les principaux kheets qui forment la communauté lébou de Yoff sont au nombre de douze (Waner, khonkh bopp, Deungagne,Dorobé, Diassirato, Dindir, Begne, Khaagaane, Yuur, Khaye, Sumbar et Yokam). Chaque kheet est liée à un Rap ou génie protecteur.

Au sein de la société lébou, les liens de parenté se transmettent de manière matrilinéaire. C’est ce qui expliquait que les neveux habitaient chez leur oncle et héritaient à la mort de celui-ci au détriment de ses fils et ceci jusqu’à l’avènement de l’Islam.

Ces Kheets déterminent l’élection au sein des institutions de la République Lébou. Ainsi le Jaraaf est choisi parmi les Khonkh Bopp, Wanners et le Diassiratos ; le Saltigué parmi les Dindirs et les Soumbares ; tandis que le Ndey-ji-Rew est choisi selon la lignée des Bègne.


 

Organisation Religieuse et Traditionnelle

L’organisation religieuse à Yoff est marquée par un syncrétisme, c’est-à-dire une cohabitation entre les croyances traditionnelles magiques et les croyances d’inspiration musulmane.

Les Croyances Traditionnelles

Les lébous ont toujours su préserver les pratiques culturelles comme le Ndeup ou le Tuuru avec les Rap. Ces Raps ne sont pas assimilés à des Dieux comme le croient certains profanes. Ce sont plutôt des surhumains, des génies. Certains d’entre eux sont bons, d’autres mauvais, d’aucuns sont croyants et d’autres des non croyants. Les lébous du Cap-Vert sont associés à des raps bons et croyants, comme l’attestent du reste, certaines formules incantatoire à l’occasion des offrandes.

En effet, les premières paroles attestent la suprématie absolue de Dieu, le début et la fin de tout " Dieu est le Seigneur, le roi des créatures et la Mecque est la ville reine des lieux de culte ". Ainsi toutes les précautions sont prises pour ne pas assimiler :

- les Khambs est un lieu de culte comme la Mecque

- Le Rap est un seigneur qui pourrait intercéder dans l’accomplissement de la volonté de Dieu, créateur du ciel, de la terre, de l’homme et du génie.

Le Ndeup est pratiqué dans le but de rendre possible la cohabitation avec ces créatrices. En effet les familles lébous ont immigré au Cap-Vert avec chacun son propre génie. De même il existe un génie qui veille sur l’ensemble de la communauté : Dakar c’est Leuk Daour, Yoff Mame Ndiaré, Ngor Gorgui Bassé, Ouakam Youmbour Yaata, Rufisque Mame Kumba Lambaye.

On se concilie avec les Raps en immolant des boeufs, chèvres, coqs dont le sang est ensuite versé sur l’autel du génie. Ensuite on prépare une pâte de mil à base de farine mélangée avec du lait caillé pour le distribuer aux membres de la famille ou de la communauté.

Le Tuuru a les mêmes vertues thérapeutiques et sociales que le Ndeup avec la seule différence que les cérémonies ne sont pas accompagnées de tam-tams.

Religion d’Inspiration Musulmane

L’Islam ne s’est implantée de façon durable au Cap-Vert que pendant la deuxième moitié du dix neuvième siècle. Les populations lébous ont épousé l’Islam et ont changé certains comportements. Ainsi l’héritage matrilinéaire a été supprimé sauf en ce qui concerne l’élection aux postes de Jaraaf, Ndey-ji-Rew ou Saltigué.

En outre, Yoff est le berceau du Mahdi Seydina Limamou Laye (1843-1909). Ce dernier a fait l’Appel en 1883. Il est le fondateur de la confrérie Layène et a laissé à l’humanité des pratiques qui plongent dans la limpidité de l’Islam.

En faisant le bilan de ces croyances et pratiques religieuses, on note un véritable syncrétisme religieux. Combien sont les chefs coutumiers qui ont eu à occuper de hautes fonctions religieuses. Aujourd’hui un des Ndey-ji-Rew est également Imam Ratib et grand enseignant de Saint Coran.


Organisation Religieuse Moderne

La Confrérie Layéne

Un événement d’une importance majeure pour toute la communauté islamique du monde, déjà prédit par le prophète Mouhamed (PSL), à savoir l’apparition sur terre du Saint Maître le Mahdi et de Issa Rohou Lahi (Jésus Christ), a eu lieu au Sénégal vers la fin du XIXéme siècle, selon la conviction constamment proclamée des membres d’une Confrérie religieuse du Sénégal appelée les Layènes.

Un citoyen Sénégalais Seydina Limamou Lahi (PSL) a lancé un appel à Yoff, il y a plus d’un siècle se déclarent être le Mahdi attendu, et laissa après sa mort son fils Seydina Issa Rohou Lahi, poursuivre sa mission d’un enseignement orthodoxe.

Nous essayons assez succinctement de présenter les temps forts de la mission du Mahdi Seydina Limamou Lahi et de son successeur Issa le Messie de même que les caractéristiques de cette communauté religieuse qu'ils ont bâtie.

Présentation du fondateur de la Communauté layène le Mahdi Seydina Limamou Lahi de Yoff

Le nom Mahdi est un mot arabe signifiant " le bien guidé " dirigeant que le monde attendait à la fin des temps ".

D’après les textes arabes anciens, qui ont abordé le problème de la venue du Mahdi sur terre, il est dit que ce dernier, à sa venue, emplira tout l’univers de bienfaits et de grâces divins.

D’après les hadiths (propos du prophète Mouhamed) le Mahdi sera la réincarnation de Mouhamed de Médine mais sous une peau brune et sera assisté dans sa mission par le Messie, Jésus-christ, fils de marie qui redescendra sur terre, pour continuer sa mission déjà entamée à Jérusalem mais interrompue par le Seigneur car d’après les écrits coraniques, il n’a pas été crucifié, le Seigneur l’a fait monter dans les cieux (sourate 4 verset 157).

A côté des Hadiths, d’autres Confréries très connues dans le monde ont prédits la venue du Mahdi et la descente de Jésus, fils de Marie (Insa ou Issa d’après le coran). Entre autres Confréries, on peut citer les chiites fortement implantés en Irak et en Iran. Le chiisme se réclame d’Ali, frère germain et 4ème khalife du prophète Mouhamed.

D’après les chiites, l’Imam Ali aurait hérité de la prophétie du prophète Mouhamed à la mort de ce dernier et que, de père en fils parmi sa famille, son 12ème successeur ou héritier prendra le titre de 12ème Imam et sera le Mahdi attendu par le monde entier à la fin des temps et ne sera rien d’autre que la réincarnation du prophète Mouhamed dans un peuple autre que les arabes.

Cheikh Ahmet Tidiane Chérif, fondateur de la Confrérie Tidiane, Confrérie du reste très répandue dans le Maghreb Arabe et au Sénégal, avait dans un de ses livres intitulé " Fathou Rabbâni ", soutenu que le Mahdi détiendra le même " wird " ou nom de Dieu que lui à savoir

Le " Salaatoul Fatihi " qui signifie " la prière de l’ouverture sur le prophète "

C’est le matin du 25 Mai 1883 que Seydina Limamoul Mahdiyou Lahi, tout de blanc vêtu, appela tous les musulmans du monde entier à venir répondre a son appel divin.

A ses disciples venus faire acte d’allégeance, il demanda de laisser tomber leur nom de famille et d’adopter le nom devin Lahi, dérivé d’Allah. Il commença à montrer l’exemple en gommant son nom de famille Thiaw. C’est pourquoi tous les disciples de Limamou Lahi ont pour nom Laye, déformation du nom de Dieu Lahi.

Pourquoi ce changement radical de nom ?

Vie de Seydina Limamou Lahi

C’est tout simplement selon Limamou Lahi lutter contre les préjugés racistes et d’exclusion qui minent le monde actuel à l’image des guerres pour de soi-disant purifications ethniques tel ce qui se passe en Europe (Bosnie), en Afrique (Rwanda, Burundi) et au Proche orient, (Inde) avec ses " intouchables ". Ainsi Limamou Thiaw deviendra Limamou Lahi

Il est né à Yoff en 1843 au quartier dit Ngaparou d’Alassane son père et de Coumba N’DOYE sa mère. A l’âge de 40 ans c’est à dire plus exactement le 25 mai 1883 vers les coups de 10 heures et ce, 3 jours après le décès de sa mère, femmes très connue et appréciée de par sa prodigalité, décès qui l’avait beaucoup marqué, Limamou fût saisi d’une subite inspiration et à cette occasion récitait le Coran qu’il interprétait avec une étonnante facilité. Ce qui étonna plus d’un parmi la population de Yoff car il fut unanimement reconnu que Limamou n’avait jamais fréquenté une école. Et que par conséquent, il était un illettré. Seydina Limamou sortit de sa demeure et emprunta les principales rues du village de Yoff appelant haut et fort les gens à répondre à l’appel de Dieu car il était le Mahdi. Dans son appel, il alternait l’arabe et sa langue maternelle qui est le " Wolof ".

Quelques Miracles de Seydina Limamou Lahi

Seydina Limamou Lahi ne cessait dès le début de sa mission de répéter à haute voix la formule " 3 jours, 3 mois, 3 ans ". Les fidèles ne comprirent pas le sens de ses paroles que plus tard.

En effet, c’est dans la 3éme année qu’il commença à avoir maille à partir avec les autorités coloniales françaises de l’époque et qui l’obligeront à s’exiler pendant 3 jours sur une colline du nom de Nguédiaga sur la côte à 15 km de Yoff, son village natal. Et c’est sur cet endroit qu’il se rendra aux autorités qui l’exileront à leur tour dans l’île de Gorée, à 3 km à l’ouest au large de Dakar, la capitale du Sénégal. Il y séjournera pendant 3 mois.

Parmi les autres miracles on peut en outre citer

  1. Le fait d’éteindre du feu par un simple toucher de main.
  2. Le fait de tuer une personne par un simple souffle sorti de sa bouche et de la ressusciter plus tard par un geste d’éventer avec le pan de son boubou cette même personne.
  3. Le fait qu’il n’a jamais pu être photographié malgré les interminables tentatives des autorités.
  4. Le jaillissement d’une source d’eau minérale au goût de zam-zam (eau bénite) dès que la dépouille du Saint homme de Yoff, le Mahdi a été soulevée de la place où on l’avait déposée pour procéder à la prière mortuaire, 3 jours après son décès. C’est le fameux puit qui fait face à son Mausolée, appelée Diamalahi qui signifie en arabe la place de la "paix Divine"
  5. Il fait reculer l’océan pour construire sa demeure lorsqu’il a été déguerpi par ses propres parents qui l’accusaient de fou

Doctrine du Saint Homme de Yoff

Seydina Limamou Lahi prône la " Non -Violence " c’est à dire la lutte contre nos passions comme le fera des années plus tard le célèbre pasteur noir américain Martin Luther King

Caractéristiques du quartier Layène

Le quartier layène est un quartier paisible. Les disciples de Seydina Limamou Lahi s’y sont regroupés pour vouer au Seigneur un culte pur zélé, dépouillé de toute mondanité.

C’est ainsi qu’il y est interdit:

  • de fumer dans le quartier layène
  • d’organiser des cérémonies accompagnées de danse ou d'ambiance.
  • d’écouter de la musique autre que religieuse
  • de porter des habits courts ou moulants pour les femmes pour ne point tenter les hommes.
  • Il est recommandé : de porter des habits de couleur blanche pendant les manifestations religieuses.

Présentation du fondateur du quartier layène Seydina Issa Rohou Lahi

Le quartier layène a été crée en 1914 par Seydina Issa Rohou Lahi suite à l’épidémie de peste qui s’était déclarée en Afrique et plus exactement dans la sous région, l’ex Afrique occidental Françaises (AOF). A signaler que l’ancien quartier layène faisait partie de Ngaparou.


Vie et Mission divine de Seydina Issa Rohou Lahi

Seydina Issa Rohou Lahi est né en 1876 à Yoff au quartier dit Ngaparou. Il succéda son père le Mahdi Seydina Limamou Lahi à sa mort survenu le 2 Novembre 1909.

A cette époque, Seydina Issa Rohou Lahi était âgé de 33 ans. Il se proclame " Rohou Lahi " (l’esprit de Dieu) et se déclare être le Messie, Jésus-Christ, fils de Marie qu’il avait réincarné par la volonté divine.

Rappelons que d’après les textes anciens, il était dit que Jésus, fils de Marie redescendra sur terre pour succéder au Mahdi et que par conséquent il " il n’y aura pas de Mahdi sans Insa (Jésus). En fait, c’est lui qui présida la prière mortuaire de son père le Mahdi et lui succéda.

Il fit déplacer le village de camberène fondé par feu son père qui l’avait appelé par " Kem-Medine " c’est à dire " comme Médine ", la ville du prophète Mouhamed, en 1914, à cause de la peste. Pour de plus amples informations sur la mission divine de Seydina Issa Rohou Lahi, consulter les livres suivants:

  • Bible - acte des Apôtre I et XI.
  • Le Mahdi (Professeur Assane Sylla à l’IFAN Dakar Sénégal)
  • L’opuscule: " la Seconde venue du Seigneur " - Edition Ange de l’Eternel (Cartigny Canton de Genève) Suisse.

Seydina Issa Rohou Lahi mourut le 16 Août 1949 et fut enterré à Camberène à 3 Km de Yoff sur la côte Est.

Calendrier religieux de la Communauté Layéne

Programme annuel à Yoff :

  • Le 1er et 2 du mois lunaire chaban : Commémoration de l'Appel de Dieu de Seydina Limamou Lahi le Mahdi
  • Fêtes de Tabaski (fête du mouton) et de korité (rupture définitive du carême musulman):

Les grandes prières présidées par la plus haute autorité de la Communauté à suivi le Khalif général de tous les layènes du pays.

  • Veillées de prières : dédiées aux 4 différents défunts successeurs du Mahdi dans l'année.
  • La grande prière du Vendredi : Prière hebdomadaire présidée par l'Imam de la Grande Mosquée du quartier petits fils du Mahdi, prière qui accueille un grand nombre de fidèles venus un peu partout de la région.
  • Programme de chant religieux hebdomadaires dans les concessions à la demande des fidèles désireux d'être programmés.

Témoignages des livres Anciens sur la venue du Mahdi

Il écrit dans le coran (chap 33 versets 40) que Mouhamed est le seau des prophètes. Certains musulmans comprennent par là qu’après lui, il n’y aura pas de prophètes.
Nous les invitons à se pencher sur les hadiths ou propos recueillis de la bouche du prophète Mouhamed et de son épouse Aïcha et rapportés par les plus grands auteurs et Saints musulmans. Il se rendront compte alors que c’est Mouhamed qui a annoncé lui-même et sous plusieurs formes la venue du Mahdi et du prophète Issa, fils de Marie (Jésus-Christ).

Voici quelques références faciles à vérifier

- " Il est de tradition générale chez les musulmans de tout temps qu’à la fin du monde, un homme de la famille (du prophète) devra nécessairement apparaître pour renforcer la religion et faire triompher la justice. Les musulmans le suivront et il régnera sur terre. On l’appellera le Mahdi. Après lui, viendra l’Antéchrist ou " dajjâl " en même temps que les signes de heurt (apocalypse). Ensuite Jésus descendra (du ciel) avec le Mahdi pour tuer l’Antéchrist et le Mahdi prendra pour diriger ses prières " (d’après Ibn Khaldoun " Moukhadinat livre 1 chapitre IV Paragraphe 53 traduit par Vincent Monteil)

- Le prophète a dit " S’il restait au monde qu’un jour à exister, Dieu allongerait ce jour jusqu’a ce qu’il y envoie un homme issu de moi, son nom sera le mien, le nom de son père sera aussi le nom de mon père ".

Commentaires:

Rappelons que le nom de Limamou Lahi signifie en arabe L’Imam de Dieu qui ne peut être que Mouhamed. Le père de Limamou s’appelait Alassane du nom du petit fils du prophète AL Assane, fils de Fatima, épouse d’Ali.

- Seydina Alioune, gendre du prophète et 4ème khalife après lui, en regardant son fils Al Hassan a dit " Mon fils ici présent est un seigneur, comme le prophète l’a déjà affirmé, car il sortira un jour de lui, un homme qui portera le nom du prophète et qui lui ressemblera pas par la couleur de sa peau. Il remplira le monde de justice comme il avait été jusque là rempli d’inquiétude ". (Ibn Khaldoun autant de hadith rapporté par d’Abou Daoud)

-Nous avons aussi des précisions sur l’époque de l’apparition du Mahdi, données notamment par Abdoul Wahab et Mirzâ Ali Mouhamed fondateur du babisme. Le premier affirme dans son livre Al Yawâkhitou wa Jawâhime que le Mahdi devait apparaître à l’an 1255 de l’hégire et demeurer jusqu’à ce que Issa Ibnou Mariama le rejoigne ( voir page 170 a nôroul absari ). Pour Miirzâ Ali Mouhamed, qui s’est déclaré être le Bâb (pote ou révélateur) de l’apparition, celui-ci devait apparaître à l’an 1260 c’est à dire mille ans après la disparition du douzième Imam Mouhamed al Mahdi fils de al Hassan al Askari.
Ces prédictions ne sont pas loin de ce que nous savons de Seydina Limamou Lahi qui est né à l’an 1261 de l'hégire et sont fils Issa Rohou Lahi qui l’a remplacé à la tête de la Communauté layène.

- L'auteur de Tazhiratoul khourtabiyi (livre écrit en 1503 par Dâroul Himi til Jamihi à Beyrouth, Liban ) affirme à la page 255 que le Mahdi doit apparaître à l'extrême Ouest, au bord de la mer. Cette précision est donnée aussi à la page 119 à la page 120 du livre Machârikhoul Anwar.

Comme vous le savez, Limamou Lahi est né et a lancé son appel divin à Yoff village du Sénégal, pays situé à l'extrême ouest du continent Africain. .

- Shalabi, auteur de " khissassoul Anbiyâyi " dans le chapitre intitulé " la seconde venue de Issa, à la fin des temps écrit à la page 39: Abou Sâlikhe chouahibou Ibnou Mouhamed Al Bay Akli fait état d’une chaîne de témoignages remontant jusqu’à Abou Oureyrata sur un hadith du prophète où il dit: " le temps est proche où Issa, fils de Marie descendra parmi vous, il sera un guide intègre. Il descendra dans mon peuple et y sera mon successeur... il demeurera en ce monde 40 ans, il se mariera et aura des enfants, après sa mort il sera enterré à Médine.
Seydina Issa, fils de Seydina Limamou Lahi est resté quarante ans à la tête de la Communauté layène (1909-1949). A sa mort il laissa plusieurs veuves, quatres fils et trois filles, il est enterré à Kem-Médine (nom originel, déformé aujourd’hui en Camberéne).

Témoignage des Contemporains du Sénégal sur la mission du Mahdi

1) Témoignage du fondateur du Mouridisme: Cheikh Ahmadou Bamba

Le très grand, très éclairé saint Sénégalais, CHEIKH Ahmadou Bamba a affirmé explicitement que le Mahdi c’est le prophète Mouhamed, puisque dans son livre " Jâlibatoul marâkhibe " à la page 58 il formule une prière pour le prophète qu’il appelle par le nom de Mahdi. Au propos, nous avons eu l’agréable surprise de découvrir que Paul Cassanovea avait abouti à la même conclusion dans sa thèse Mohamed et la fin des temps a la page 54 .

2) Témoignage du fondateur de la Confrérie Tidiania: EL Hadji Omar Tall

- El Omar Tall qui fit la guerre au Soudan français (Ex AOF) affirmait: " Mon armée demeurera invaincue jusqu’au jour ou il irait à la rencontre de Mouhamed EL Mahdi.

El Malick Sy son disciple de Tivaoune d’ajouter dans son livre intitulé Fâkihatoul Tulâb et imprimé par A. Diop à la page 17 que " les Saints de Dieu adhérant à notre Confrérie et prendront notre wird jusqu’à la venue de Limamoul Mahdi qui doit apparaître à la fin des temps "

Commentaire:


Effectivement Limamou Lahi le Mahdi a le même wird (Nom de Dieu) que la Confrérie Tidiania à savoir le " Salatoul Fatihi " ou prière d’ouverture. Et si El Hadji Omar a disparu en 1864 dans les falaises de Bandiagara cela prouve qu’à cette époque précise El Mahdi était déjà né et qu’il vivait sur Terre.

Conclusion
Une autre caractéristique du quartier layène est que les salutations d’usage se font avec les Nom de Dieu Lahi.

Exemple de salutations entre deux habitants du quartier

  • Laye laye, as-tu la paix.
  • Laye laye, la paix seulement.
  • Laye Makhtar, et les affaires ?
  • Laye Saliou, elles vont bien.
  • Laye Mamadou Makhdiyou, bonne journée.

Signalons que les termes qui accompagnent le mot Lahi sont des noms du prophète Mouhamed.
La Communauté layène, évolue, aujourd’hui assez harmonieusement, caractérisée par la ferveur religieux dans l'accomplissement publique ou privé des rites du culte islamique, par sa cohésion qui a jusqu'à ici résisté aux fluctuations, par la solidarité, la discipline et surtout par une extension rapide de ses zones d'influences. Confinée presqu’île du Cap Vert jusqu’aux années 1970, elle à connu une progression qui entraîna l'émergence de Communauté layènes un peu partout au Sénégal, et au delà de nos frontières.
Le nom Seydina Limamou Lahi El Mahdi vient d’être donné (le 19 Septembre 1992) à l’autoroute qui va à Dakar Yoff, via le rond point de la patte d’Oie jusqu’a l’Aéroport Léopold Sedar Senghor, signe que son autorité impose, de plus en plus, cent dix ans après son appel.

Autres Confréries du Sénégal présent à Yoff :

La Confrérie Khadria

Né au 11ème siècle dans la ville de Bagdad en Irak, le Khadria a été fondé par Cheikh Abdoul Khadre Dieylani, un ascète trempé dans le soufisme c’est à dire une adoration de Dieu par la réclusion, la prière et le jeûne. C’est la première Confrérie introduite dans le pays.
Cette Confrérie sera introduite au Sénégal, par Cheikh Sadibou Aïdara petit fils du fondateur au siècle dernier.
Les activités des Khadres de Yoff sont les chants religieux hebdomadaires dans les concessions, les visites de courtoisie des petits fils du fondateur khadria et le grand pèlerinage à Nimzatt en Mauritanie de tous les fidèles le jour de la fête de korité ou fête de la fin du carême musulman. Rappelons que le village de Nimzatt est le siège du khalife général de tous les Khadres d’Afrique.

Historique du Khadria à Yoff :
Cheikh Sadibou Cherif Aïdara est le khalife ou successeur de son père Cheikh Mohemed Fadal fils d’Abdoul khadre Dieylani fondateur de la Confrérie Khadria. Il introduisit le khadria au Sénégal. Cheikh Sadibou Aïdara fit une visite de courtoisie à Yoff vers 1915 chez un de ses premiers disciples du nom de Gorgui Leye (le nom Leye est la déformation lébou du nom de famille Ly) au quartier Tonghor. Il convertit beaucoup de personnes au Khadria.

La confrérie Tidiania

Née le 11ème siècle au Maroc et fondée par Cheikh Ahmet Tidiane Cherif, la Confrérie Tidiane a été introduite au XIXéme siècle au Sénégal par El Hadji Oumar Foutiyou Tall. Il reçut la mission de propager cette Confrérie des mains de Mouhamed El Ghali, dans la ville Sainte du prophète à Médine (Mecque).
El Hadji Oumar Tall confia à son tour cette mission de répandre cette Confrérie dans le pays à El Hadji Malick Sy de Tivaouane, dans la région de Thiès, à 90 km de Yoff.
Cette Confrérie est représentée à Yoff par des "Moukhadams" ou missionnaires agrées par le khalif général des Tidianes. Leurs activités à Yoff se résument par des chants religieux et des conférences épisodiques dans les quartiers. Cependant, leurs plus grandes manifestations à Yoff sont sans aucun doute le pèlerinage que les fidèles vont faire le jour d'anniversaire de la naissance du prophète Mouhamed à Tivaoune, capitale du Tidianisme.

Historique du Tidianisme à Yoff :
Le Tidianisme fut introduit à Yoff vers 1915 par feu EL Hadji Malick Sy le Saint Homme de Tivaouane. Suite de l’épidémie de peste qui avait occasionné plusieurs morts dans le village, El Hadji Malik vint présenter ses condoléances à ses disciples éplorés à Yoff. Il s’installa à M’benguène dans la famille de Samb dont la concession est communément appelée " Sambène " chez les nommés El Hadji Abdou Samb et Modou Diène Samb. On immola un boeuf en son honneur et il y séjourna 36 heures (1 journée et demi). Il profita de ce séjour pour convertir beaucoup de gens à la Confrérie Tidiane.

La Confrérie Mouride

Née au 19ème siècle au Sénégal, dans la région de Diourbel, la Confrérie mouride fût fondée par Cheikh Ahmadou Bamba. Il déclare avoir reçu la mission de répandre sa Confrérie des mains du prophète Mouhamed vers 1890. Il se dit porter le titre de "Khadim Rossoul" (serviteur du prophète Mouhamed).

Les activités de la Confrérie mouride de Yoff sont les conférences, les chants religieux et le grand Magal de Touba ou pèlerinage qui est une commémoration du départ en exil forcé de Cheikh Ahmadou Bamba, exil commandité par les forces coloniales de l'époque. Le Magal a lieu le 18 du mois lunaire Safar (voyage)

Historique du Mouridisme dans Yoff
Nous retenons par son petit fils que le premier représentant du mouridisme a été Cheikhou Mbaye Diouf toujours selon lui Cheikh Amadou Bamba a effectué trois séjour au quartier Tonghor dans la concession de " Dioufène " à Yoff. De son vivant cet homme de Dieu M’baye Diouf avait identifié le lieu ou il serait enterré à sa mort qui surviendra en 1910


Administration Traditionnelle

Structures Coutumières de Gouvernance locale du Village Traditionnel de Yoff

Au début du 16ème siècle (vers 1516) les Lébous mirent sur place, dans un souci d’organisation politique et sociale des institutions représentatives.

Yoff est à la fois un village traditionnel et un centre religieux unique dans son genre. Société gérontocratique, le système coutumier, loin d’être centraliste est plutôt de type parlementaire populaire avec une représentation exhaustive des membres de toutes les générations.

Il y a d’abord ce que l’on appelle le "Collège exécutif " qui est composé de trois personnalités qui sont le JARAAF, le NDEY-JI-REW et le SALTIGUE.

Les principales fonctions bien qu’exercées par des Kheets bien définis, s’articulent autour d’une interdépendance entre les personnalités citées ci-dessus.

Le JARAAF est le "chef du gouvernement" qui définit la politique extérieure et se porte garant des institutions. Ensuite vient le NDEY-JI-REW (littéralement Mère de la nation) qui est assimilé à un "ministre de l’intérieur" et à un degré moindre il joue le rôle d’un "maire". Enfin vient le SALTIGUE qui est le "ministre de la défense, du culte, des terres, de la mer". Ces trois membres du Collège exécutif sont choisis au sein des principales lignées matrilinéaires les douze différentes grandes familles ou KHEET qui composent le village, dans un souci d’équité et de contrôle réciproque des instances.

Toutes les Kheets ou familles sont représentées surtout au niveau des assemblées de MAGGI YOFF (ceux et celles qui ont plus de 75 ans) et JAMBOUR (ceux et celles qui ont entre 65 et 75 ans) et des FREY (ceux et celles qui ont entre 55 et 65 ans). Les membres de ces assemblées ne sont choisis ni par le Jaraaf, ni par le Ndéy-Ji-Rew ni par le Saltigué.

En fait il y a " un collège législatif " composé des assemblées populaires hiérarchiquement constituées selon les principes de la gérontocratie. Ainsi toutes les classes d’âge situées entre 55 et 60 ans se retrouvent dans l’assemblée des Freys, instance de police judiciaire et de participation dans la sécurité publique regroupant les plus jeunes. En prenant de l’âge, les Freys se retrouvent dans l’assemblée des Jambour qui signifie littéralement les sages. Cette assemblée est comme une instance législative qui supervise les travaux des Freys en même temps qu’elle édicte des règlements à faire exécuter par les Freys. Ils sont consultés par les autorités exécutives dans tous les secteurs de la vie des populations yoffoises. En fait ce sont les JAMBOUR qui nomment les trois membres de l’Exécutif.

Lorsqu’une nouvelle génération accède à l’assemblée des Ferey (les plus jeunes), la génération précédente devient Jambour, et celle venant d’avant cette dernière se retrouve dans la troisième et dernière instance " les Maggi Yoff ", sorte de Sénat qui constitue le dernier recours.

L’assemblée de FREYS [littéralement ceux ou celles qui viennent d’être sevré(e) s] est chargée de la police et de la sécurité, mais aussi de l’exécution des décisions arrêtées par les dignitaires (Jambour, Maggi-Yoff, Jarraf, Ndey-Ji-Rew, Saltigué). Cette assemblée de Freys assure le tribunal. Toutefois, ici la justice traditionnelle est d’essence conciliatoire. En fait c’est après de longues discussions qu’une solution de consensus est le très souvent trouvée. Cette conciliation a l’avantage de laisser à chaque partie le sentiment de n’avoir rien perdu alors que la justice judiciaire fait obligatoirement un vainqueur et un vaincu.

Au plan religieux, Yoff est le berceau de Seydina Limamou LAYE (1843-1909), fondateur de la confrérie des Layénes (en 1883), une des quatre confréries du Sénégal. Bien que musulmanes, les familles Lébous reconnaissent avoir des "Rabb" (génies ou esprits protecteurs ou ancestraux). C’est plus particulièrement dans ce domaine (le sacré) qu’interviennent les femmes, gardiennes des traditions ancestrales.

Cette organisation sociopolitique qualifiée de " démocratie ", de " démocratie consensuelle " toutefois, demeure toujours vivace malgré certaines agressions. Elle cohabite de manière comprise avec l’autorité civile (l’Etat et les Mairies de la Commune et de la Ville).

Très vite, les français avaient qualifié cette société de " République Lébous " pour l’ensemble des villages de la Presqu’île du Cap-Vert. En milieu Lébous, l’organisation repose sur un pouvoir exécutif bicéphale entre les mains d’un pouvoir législatif bicaméral. Ce bicamérisme, fondé sur un parlement composé de deux chambres (Diambur et Freys) est toujours vivace.

Comme disait l’autre " Ces processus complexes d’élaboration des décisions dans les sociétés traditionnelles africaines (la société Lébou particulièrement puisqu’elle ne connait pas le roi, " Lébou Xamul Bur " littéralement Le Lébou ne reconnaît pas le Roi), sont comme on peut le constater d’essence démocratique et leur efficacité est du reste attestée par certaines formes modernes d’organisation ".

 

 

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